De la diplomatie au cacao
J’ai toujours aimé le chocolat. Mais c’est à Madagascar, où j’ai passé ma toute petite enfance, que tout a vraiment commencé — bien plus tard, alors que j’étais en poste diplomatique à Nairobi, au Kenya. J’avais 45 ans lorsque j’y suis retourné pour la première fois, et une visite de plantation dans la vallée du Sambirano a suffi : les senteurs, les arômes, l’atmosphère du cacao m’ont happé. Ce fut mon déclic.
Le phénomène « bean to bar » n’avait pas encore décollé. Il a fallu apprendre par moi-même — beaucoup de recherches, beaucoup de lecture, et deux ressources qui m’ont donné mes premières bases pratiques : Chocolate Alchemy et TheChocolateLife.
Mes postes suivants m’ont mené en Bolivie, en République dominicaine puis en Haïti, où j’ai pu rencontrer des paysans et découvrir des types de plantations très différents les uns des autres — chaque terroir avec sa propre logique.

Pour passer au niveau professionnel, j’ai suivi une formation à l’Université des Indes occidentales (University of the West Indies), à Port of Spain, capitale de l’île de Trinidad.
Plus tard, des séjours en Asie m’ont fait croiser des pionniers du chocolat en Malaisie, à Taïwan, au Vietnam, en Birmanie et au Cambodge. De ces rencontres et de ce compagnonnage sont nés deux livres, sur le cacao et sur les passionnés qui le cultivent et le transforment — à retrouver dans la rubrique « Livres ».
Aujourd’hui, j’ai fait du chocolat mon unique passion.
Le saviez-vous ? Bien que son climat ne s’y prête pas, l’Angleterre est le premier fournisseur mondial de semences de cacao : l’Imperial College de Londres maintient une serre de quarantaine dédiée au cacao à Reading. Il n’est en revanche pas question d’envisager une plantation de cacao en Europe.